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Mon plus beau souvenir de voyage,
c'est l'Inde…

Mon plus beau souvenir de voyage, c'est l'Inde.C'est l'un des rares pays où l'on éprouve le sentiment très étrange que, si l'on y restait, on s'y engloutirait complètement. On y ressent quelque chose de particulier que l'on ne rencontre nulle part ailleurs. C'est un pays où il n'y a pas de frontière entre le sacré et le profane, où l'on est enveloppé d'une sorte de douceur et de lumière, d'une acceptation de ce que l'on voit. La misère, en Inde, n'a pas le caractère agressif qu'elle a dans d'autres pays.

Françoise Giroud

Mon souvenir le plus marquant, le plus fort c'est l'Inde.Quand on va en Inde, on se prépare, on lit le Pélerinage aux sources de Lanza del Vasto, tous les classiques. Ca ne sert à rien du tout... On peut avoir fait le tour du monde : débarquant en Inde, on se sent pour la première fois en pays étranger. On peut avant de partir se farcir la tête de lectures et de conversations pour se préparer à la découverte : le choc de l'arrivée balaie tous ces "préjugés" et vous confère de force un regard vierge. Pour moi, l'Inde est le pays étranger par excellence. Il a l'attrait d'une chose qui vous est totalement opposée.

Michel Tournier

Le plus beau voyage de ma vie est sûrement celui que j'ai fait... en 1968, nous filmions... Deux mois d'errance dans l'Inde du Sud. Nous nous sommes littéralement perdus, volontairement perdus. Ce fut plus qu'un voyage dans l'espace et dans le temps. Ce fut l'abandon de notre culture, de nos certitudes, dans un pays de poètes et de légendes, Bangalore, Madras, le Kerala. Des états où la pauvreté est une réalité mais où la beauté est telle, l'accord avec la nature si profond, que malgré la détresse économique on sent une sorte de bonheur vous gagner, la conviction que la mort n'est pas cette chose extrêmement dramatique qu'on nous a appris à redouter, que l'argent n'est pas cette chose extrêmement importante qu'on nous a appris à respecter...
Sur notre route, nous rencontrions, tous les cinq kilomètres des temples gigantesques, et nous ne prenions plus la peine de nous rechausser entre chaque visite. Je me souviens de cette lumière fantastique qui baignait Trivandrum, la capitale du Kerala, du sentiment que nous éprouvions d'avoir atteint un but essentiel...

Louis Malle

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